Effervescence poétique

Publié le : 11 novembre 2016

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Colloque Anne Hébert : un poème à la fois. Crédit photo : Léa Lacroix

La poésie québécoise connaît actuellement une grande effervescence. Dans la dernière décennie, elle s’est enrichie en multipliant les voies esthétiques. Le Québec est porteur d’une histoire singulière au sein des pays et communautés de langue française. C’est un creuset unique qui favorise la création poétique, car, minoritaire et isolé, il se frotte à une culture qui l’appelle constamment à se redéfinir; celle du Nouveau Monde anglophone, alors qu’une majorité de poètes d’expression française vivent en France, dans un pays à l’abri, pour ainsi dire, des pressions culturelles d’anciennes colonies qui l’auraient supplanté et s’en seraient affranchies culturellement, comme l’ont fait, par exemple, les États-Unis face à la Grande-Bretagne.

Bien que la littérature québécoise ait maintenu un rapport étroit avec le corpus français de France, et depuis les années 1960, avec celui des pays de l’espace francophone, elle entretient plus que jamais des liens privilégiés avec la littérature des Amériques, notamment les États-Unis et le Mexique en ce qui a trait à la poésie. Nous ne pouvons que constater l’élan spontané des poètes québécois vers la création poétique de nos voisins du Sud en dégageant certains facteurs qui ont contribué à cet élan : la nécessité d’une parole en résonnance avec le territoire et l’histoire, l’influence du mouvement féministe, l’élaboration d’une vision critique de la mondialisation et la jeunesse de nos institutions.

Dans les années 1970, le mouvement pour l’indépendance du Québec ralliait les artistes et les écrivains, et créait entre eux une réelle solidarité. Aujourd’hui, les préoccupations se sont élargies et, par le fait même, les solidarités aussi. Les liens se tissent avec les poètes des communautés linguistiques anglophone et hispanophone. De même, les poètes des Premières Nations, ceux de la communauté anglophone minoritaire du Québec et ceux de la communauté francophone collaborent de façon plus soutenue à des projets éditoriaux et à divers événements. De plus, la démocratisation des moyens de production et de promotion, notamment provoquée par l’arrivée du numérique, a contribué et contribue encore aujourd’hui à susciter une effervescence poétique au Québec.

Le site de la Maison de la poésie constitue une invitation au voyage, au voyage de la lecture, du visionnement et de l’écoute vers une nouvelle respiration du monde à travers le prisme poétique du Québec.

Isabelle Courteau

Directrice générale et artistique

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