Mission

La Maison de la poésie de Montréal est un organisme à but non lucratif réunissant des poètes, des chercheurs et des éditeurs. Elle a pour mission de promouvoir la poésie québécoise dans sa diversité, autant au Québec qu’à l'étranger.

La Maison de la poésie a vu le jour en 1999, à l’initiative d’un groupe de poètes et d’éditeurs convaincus de la nécessité de créer au Québec une institution se donnant pour mission le développement et le rayonnement de la poésie. À cette fin, la Maison de la poésie s’engage à :

  • promouvoir, faire connaître et faire apprécier la poésie auprès du grand public;
  • soutenir la recherche et le développement des connaissances sur la poésie;
  • développer et réaliser des activités éducatives et de sensibilisation;
  • favoriser la diffusion des œuvres et faire connaître le patrimoine culturel poétique québécois de toutes les langues et de tous les horizons;
  • encourager la rencontre du public avec des poètes des scènes nationale et internationale.

Bref, les activités et les événements qu’organise la Maison, de même que les projets sur lesquels elle travaille, s’articulent autour de quatre volets :

  • Programme artistique
  • Programme éducatif
  • Centre de documentation (à venir)
  • Programme de traduction et de diffusion internationale

Grâce à l’aide financière des institutions gouvernementales, municipales et privées, la Maison de la poésie a mis sur pied plusieurs activités et événements, dont voici les principaux :

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Vous trouverez la liste complète des activités, des événements, des spectacles, des lectures et des programmes de la Maison de la poésie en consultant notre historique et notre calendrier.

La Maison de la poésie organise des rencontres, des ateliers de formation, des résidences de poètes ainsi que des programmes de traduction et de coédition. Par de l’animation dans différents lieux culturels, elle participe à la promotion du travail éditorial de l’édition poétique.

 

Pour en savoir plus sur la mission

 

Quand création rime avec professionnalisation

Le milieu de la poésie est unique par son fonctionnement et son dynamisme dans le paysage littéraire québécois. Il s’agit du seul domaine où la diffusion et la promotion reposent sur la conjugaison des efforts des poètes et des éditeurs. La Maison de la poésie a été fondée par un groupe de poètes et d’éditeurs, en 2000, dans cette même perspective de regroupement des forces vives. Plaque tournante des échanges entre poètes et éditeurs, passerelle entre les créateurs et le public, la Maison de la poésie fournit également des outils de compréhension et d’analyse de ce secteur d’activité atypique et dresse aujourd’hui un état des lieux de la poésie articulé autour des conditions d’exercice de la pratique professionnelle.

Le métier de poète :
Poète, une vocation et aussi un métier avec ses exigences littéraires, ses impératifs sociaux et ses contraintes économiques. Pour atteindre un minimum de reconnaissance, le poète doit parler et faire parler de lui, lire ses créations et être lu, collaborer avec d’autres artistes, susciter et maintenir l’intérêt des critiques et des universitaires, tout en levant l’amalgame fréquent tendant à l’assimiler à un conteur ou à un auteur-interprète. Pour le poète, le livre reste le médium principal et la consécration de son statut d’artiste selon la définition de l’UNESCO adoptée par le CALQ.

L’éditeur de poésie :

Malgré la fragilité des structures, le milieu de la poésie est stable, composé de microstructures indépendantes, globalement lésées par un système de subventions privilégiant le chiffre d’affaires au détriment de la qualité littéraire et parfois en proie à un manque de concertation. Le phénomène de baisse des tirages et de hausse du nombre de nouveautés, apparu au milieu des années 1990, s’est installé dans la durée. Chaque année, entre 60 et 90 nouveautés poétiques sont publiées; des œuvres dont la promotion doit être accentuée.

La filière du livre au Québec et ses défis :

L’industrie du livre se heurte à l’absence de données publiques fiables et cohérentes, avance la SODEC dans le Portrait économique du livre au Québec : les chiffres des mots, produit en 2001. Malgré tout, de grandes tendances se dégagent pour les professionnels du milieu culturel et du secteur public : une inadaptation du système de diffusion et de distribution aux éditeurs en général, un manque de moyens des éditeurs de poésie en particulier et l’indifférence des médias pour la poésie qui conforte le désintérêt des distributeurs. À ces difficultés s’ajoute la non-application de la loi 51 promulguée en 1981 et celle des recommandations du Rapport Larose.

*Cet article sera enrichi au fur et à mesure que nouvelles données seront disponibles.

Les diffuseurs littéraires

Si l’appellation est strictement encadrée par le CALQ — sont considérés comme diffuseurs littéraires les organismes producteurs et diffuseurs d’activités d’animation à valeur littéraire —, la réalité du terrain est plus vague. Ni grille de tarif des cachets pour les prestations scéniques, ni réseau de billetterie ne sont mis en place et les lieux spécifiques sont rares.

Murmure inaudible dans la polyphonie de l’industrie de l’édition, le milieu de la poésie a la capacité de faire entendre sa voix en développant des projets menés de concert. D’autant plus que l’on observe un regain d’activités de la part du milieu de la poésie sur la période 2010-2015, notamment à travers la création de nouvelles maisons d’édition et d’initiatives plus alternatives (Expozine, OFF-Festival de la poésie de Trois-Rivières, Festival Dans ta tête, blog Poème sale, Filles Missiles, etc.).

Vers une économie de la médiation

Le mois de juin 2006 a été marqué pour la Maison de la poésie par une tournée promotionnelle en France, conjuguant spectacles et rencontres professionnelles. À cette occasion, la Maison de la Poésie Rhône-Alpes et la Maison de la Poésie de Montréal ont organisé le 9 juin, à la Cave littéraire de Villefontaine (Isère), la première table ronde dédiée à la diffusion du livre de poésie en France et au Québec.

Réunie autour d’Isabelle Lambert, modératrice de la table ronde, la délégation québécoise était composée de 12 éditeurs et poètes. Le contingent français rassemblait des éditeurs, des revuistes et des représentants d’organismes culturels. L’événement visait à dresser un portrait croisé des marchés de la poésie français et québécois, et à trouver des pistes de développement communes.

Globalement semblables de part et d’autre de l’Atlantique, les difficultés économiques rencontrées par les éditeurs et les poètes connaissent pourtant des nuances au plan de la structure des marchés. Alors que les éditeurs québécois bénéficient d’un important système de subventions gouvernementales à l’échelon provincial et fédéral, leurs pairs français, confrontés à une concentration croissante de l’édition au sein de gros groupes d’édition, et face à une marchandisation accrue du livre, déplorent l’absence d’implication des pouvoirs publics et, si tous les éditeurs n’entrent pas en poésie comme on entre en résistance, chacun est porteur de revendications et affiche son militantisme.

Cette dissymétrie de situation s’observe également en matière de diffusion en librairie. Dégagée des lourdes structures propres à la France, la diffusion de la poésie au Québec, monopolisée par deux groupes, reste limitée. Trouver un recueil de poésie contemporaine sur les tablettes des libraires relève de la gageure, souligne Isabelle Courteau, favorable à « un réseau où le livre peut être présent lors des manifestations publiques hors librairies mais en librairies aussi [avec l’objectif de] réguler une certaine présence du livre de poésie qui vient du Québec [en France] ».

Au-delà des spécificités nationales, les éditeurs et les poètes, animés par un même impératif de création, vivent l’espace poétique comme un et indivisible, et expriment l’urgence à se rassembler, la nécessité de créer du lien, rappelle Pierre Vieuguet. Cette mise en réseau, amorcée avec les échanges de résidences, doit s’étendre grâce aux maisons de la poésie, lieux de convergence des lecteurs et des poètes, et pierres angulaires du rayonnement des écrits à travers la francophonie.

Au mouvement des personnes fait écho la circulation des idées et des livres. Tous s’entendent sur la place de choix à accorder à Internet, à la fois banque de données littéraires et vitrine commerciale, capable de toucher un vaste public insiste Henri Poncet, fier d’accueillir 400 000 visiteurs chaque année sur le site Web des éditions Comp’Act et de réaliser entre 20 % et 30 % de ses ventes grâce aux librairies en ligne. Un public qui reste à conquérir. Alors que la pratique en amateur de l’écriture poétique connaît un franc succès, seul 1 % du lectorat achète et lit de la poésie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au Québec comme en France, un recueil de poésie se vend entre 150 et 200 exemplaires.

Il va sans dire que les poètes les plus reconnus connaîtront des ventes plus importantes.

Conscients des a priori négatifs associés au sixième art, les poètes se veulent « porteurs de livres » au sens littéral, souligne le poète québécois Joël Des Rosiers, qui n’hésite pas à multiplier les occasions de rentrer en contact avec des lecteurs potentiels en dehors des espaces publics traditionnels que sont les bibliothèques et les librairies afin d’« ouvrir des virtualités ».

En guise de conclusion, une initiative collective s’inspirant de « Lettres Frontière »*, qui a permis le rapprochement des littératures et des lecteurs de la région Rhône-Alpes et de la Suisse romande, a remporté l’adhésion unanime des participants. Le projet, dont les modalités restent à définir, serait construit en partenariat avec le Québec et se déroulerait dans la région rhône-alpine. L’économie de la médiation est en marche.

Ces trois heures d’échanges, souvent tumultueux, dépassant allégrement le cadre de discussion initialement prévu, ont traduit les préoccupations et les aspirations d’un milieu poétique attentif à inscrire sa diversité dans un espace commun et ouvert.

12 éditeurs et poètes

  • Marc André Brouillette, poète
  • Denis Charland, éditions Art-Le Sabord
  • Isabelle Courteau, présidente-directrice de la Maison de la poésie
  • Ani Darveau, éditions Le Noroît
  • Joël Des Rosiers, poète
  • Jean-Marc Desgent, éditions Les Écrits des Forges
  • Robert Giroux, éditions Triptyque et revue Moebius
  • François Hébert, éditions Les Herbes rouges
  • Gabriel Lalonde, éditions Le Loup de Gouttière
  • Dominique Robert, éditions Les Herbes rouges
  • Simone Sauren, éditions L’Hexagone
  • Francine Vernac, éditions Le Loup de Gouttière

Des éditeurs, des revuistes et des représentants d’organismes culturels

  • Hervé Bauer, responsable littéraire de la Cave littéraire et écrivain
  • Philipe Camand, chargé de mission de la vie littéraire à l’Agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation (ARALD)
  • Francis Combes, éditions Le Temps des Cerises
  • Célia Galice, représentante du Printemps des Poètes
  • Georges Hassométris, revue Boxon
  • Thierry Lambert, éditeur de livres d’artistes
  • Jean-Paul Morin, président de la Cave littéraire
  • Henri Poncet, éditions Comp’Act
  • Jean Tourrette, revue Kiblind
  • Pierre Vieuguet, directeur de la Maison de la Poésie Rhône-Alpes
  • Alain Wexler, revue Verso
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